Hennessy XO, Les 7 mondes, Ridley Scott signe un chef d’œuvre publicitaire.

Cognac Hennessy XO Ridley Scott

À 87 ans, Ridley Scott, réalisateur de génie à la filmographie impressionnante (Alien, le 8e passagerBlade Runner ; Thelma et Louise… ou encore Gladiator…) signe une fois de plus un chef d’œuvre publicitaire pour La non moins célèbre marque de Cognac Hennessy. À la manœuvre une belle touche Frenchy : l’agence DDB Paris et les Directeurs de Créations Pierre Mathonat et Alexis Bendehe. À la production l’agence RSA Film de Londres, créé par les frères Scott pour la réalisation de films publicitaires.

4 minutes d’une odyssée des sens.

« Ce n’est pas vraiment une publicité, mais plus un vrai divertissement… À mettre en parallèle avec un grand film » dit le maître dans son introduction au making off. « Je pense que la publicité a compris, après 30 ans, qu’elle devait revenir au divertissement. ». Depuis bien longtemps, le débat existe au cœur des staffs de com’, lui a tranché. Ce n’est pas en criant, « c’est bon, c’est bon… Achetez, achetez… C’est moins cher ! » que l’on suggère de l’envie chez le consommateur. Le consentement passe par une demande, une adhésion et ne peut être qu’une masse de « Peaux-rouges criards… Nous ayant pris pour cible » (Charles Baudelaire, Le Bateau Ivre). Il n’y a pas de pub trop sophistiquée, il n’y a que des moyens au service de l’attention, dans un monde où chacun est fortement sollicité. Ce précieux sésame en main, il faut emmener l’audience dans un voyage qui raisonne en elle, avec elle. Que le spectateur partage une expérience commune avec le produit.

Et c’est bien là, le cœur probable de ce film : l’expérience client. La promesse : « Chaque goutte est une odyssée ». Un parcours en sept mondes ciselé comme une ode à la vie, au goût, aux sens. Un voyage dans ce qui nous rend plus grand. Entre universalisme et éveil.

Acte 1, les notes douces, nous met immédiatement dans la lumière. Une lumière impudique qui nous montre l’avancer d’un groupe d’explorateur confronté à la découverte. Celle d’un liquide dorée, presque un miel dont les saveurs ne s’expriment pas par une débauche d’incantations humesques, mais par un doux consentement, une évidence révélatrice. Il y a quelques choses de Petra dans cet univers, mais sans l’architecture. Un nouveau monde au son si proche du silence qu’il nous parle avec peu, un cliquetis sonore pour seul message, Présage à l’après-midi d’un faune… Sans savoir si la référence serait plus de la virtuosité d’un Claude Debussy, ou de celle d’un Mallarmé dont l’ « incarnat léger voltige dans l’air ».

Acte 2, Chaleur montante, place un groupe d’humain déterminé, mais sereins, sous la protection de géants qui offrent leur ombre en ombrelle maternelle face à la chaleur d’un désert suffoquant. Il y a dans ces géants, l’agilité bienveillante des baleines qui, malgré leurs dimensions et leur force, ne menacent jamais la curiosité d’un plongeur audacieux. 

L’Acte 3, nous amène au cœur du portail des épices. Une explosion en bouche qui redessiner le corps, sens après sens fusionnant avec chaque vaisseau de notre âme jusqu’à nous construire tel un Phénix renaît de ses cendres.

La flamme, celle de l’astre qui apporte la lumière, coule dans l’Acte 4. Nous sommes le passager d’un aéronef léger, fluide, mais qui maîtrise les inquiétudes se jouant des menaces comme un ouvrier sidérurgiste navigue entre les fours incandescents et les métaux en feu. 

L’Acte 5, sous la forme d’un ermite dont les chakras s’alignent, ne sait pas encore qu’il va rencontrer une source d’éveil sur cette planète de blocs de chocolat. Une pépite dorée le place en harmonie avec ce monde en lévitation.

Transporter au cœur de la forêt, révélé, le désert devenu luxuriance, le végétal fait corps. Un groupe d’oiseaux colorés engendrent un jeune arbrisseau dans un bain de lumière divine pour l’amener à l’accomplissement. Acte 6.

Acte 7, Infinite Echo. Notre galaxie comme empire spatial pour nous parler du temps. Un dieu nébuleuse de l’éternelle. XO. Hors D’Âge. Original. Hennessy. Each Drop is an Odyssey. Promesse tenue.

 

Dégustation et expérience consommateur.

Ce film est une invitation, mais il est surtout une fresque de ce que vous allez vivre à la dégustation d’un XO Hennessy. Ce que l’on voit, ce que l’on ressent, le goût, sa richesse aromatique, son pouvoir. Un voyage à rebours vers le big bang d’origine, ou vers l’éveil et l’universalité. C’est la promesse publicitaire bien sûr. Mais qu’est-ce quelle est belle quand elle est placée sous la baguette magistrale de Ridley Scott.

L’adresse consiste à enivrer nos sens en partageant ce voluptueux élixir audiovisuel, sans jamais que l’on titube. L’alcool n’est pas le sujet. On nous parle de culture, de références, d’un univers qui nous transcende, nous sort totalement de notre quotidien. On est sur le fil rouge : celui de la consommation d’alcool et des effets escomptés. Sans jamais que la conscience vacille, nous délivrant le secret, la potion magique. Vous voulez vivre cela, la solution est le produit. Si vous consommez ce produit, vous êtes de ceux qui savent, les initiés. Introduit dans le clan des illuminati, vous dominez le monde par la maîtrise des sens. Quoi de plus aspirationnel pour une cible CSP++ ou clients qui souhaitent en revêtir l’habit.. Rappelons qu’une bouteille iconique frise tout de même les 200 €.

Et Moebius dans tout ça ?

Une petite polémique court déjà sur ce film, car il fait référence, presque trait pour trait, à certaines scènes créées par Jean Henri Gaston Giraud, auteur et illustrateur de bande dessinée, le célèbre créateur de Moebius. Certains déplorent que cette source d’inspiration ce soit pas citée, les deux créateurs, Scott et Giraud ayant déjà travaillé ensemble sur Alien.

Hommage, pillage ou coïncidence créative qui utilisent une imagerie universelle ? La question reste posée, mais gageons que les protagonistes n’est pas été animé par de sombres desseins sous couvert d’un manque d’imagination. Que ce soit chez Hennessy, DDP Paris ou chez la bande à Ridley Scott, il me semble évident qu’aucun soit pris de court pour mettre en scène un film d’une telle qualité.

Ridley Scott de la pomme au Cognac ?

Ce brillantissime créateur de tant de merveilles comme 1492, Christophe Colomb, a-t-il basculé du Calvados à l’Uni Blanc ? 🙂 Nous rappellerons aussi qu’il est l’auteur d’un autre opus publicitaire désormais légendaire : le fameux 1984 d’Apple pour le lancement de Macintosh. Inspiré du Roman de Georges Orwell, et dans la mouvance du film The Wall de Pink Floyd, ce chef d’œuvre a été diffusé pour la première fois lors de la final du Super Bowl du 22 janvier 1984. À revoir absolument.

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